Des mots et des rythmes à Peujard

“Des mots et des rythmes” au collège Emile Durkheim à Peujard

Entre février et mars 2017, la classe ULIS du collège Emile Durkheim de Peujard s’est immergée dans la création d’une chanson et d’un clip, accompagnée par les artistes Grégory Desgranges et Dorothée Pierson… On vous raconte cette belle histoire !

Les Parcours des Mots et des Rythmes (Programme académique proposé et soutenu par l’Education Nationale, la Direction Régionale des Affaires Culturelles, le conseil départemental, les établissements scolaires et culturels) ont vocation à faire découvrir le cheminement de la création artistique à un groupe d’élèves. Le projet est pensé par des professeurs, des partenaires culturels locaux et des artistes intervenants avec une volonté commune : éveiller la créativité et construire un projet artistique où chacun puisse trouver sa place

C’est dans ce cadre que l’enseignante Amaia Koch est venue à notre rencontre  en novembre 2016 avec l’envie et la volonté de sortir du cadre scolaire pour faire vivre à sa classe une expérience artistique à part entière. Ensemble, nous avons construit un projet autour de l’écriture de chanson et de la réalisation d’un clip avec l’artiste musicien Grégory Desgranges (Hectory, Blues is roots) et la réalisatrice Dorothée Pierson.

La première rencontre…

Avant d’aller au cœur du projet, nous en avons dessiné les premiers contours en allant à la rencontre des élèves d’Amaia et de Léa l’AVS qui nous ont chaleureusement accueillis dans leur classe.

Nous leur avons raconté la vie, les coulisses et les métiers d’une salle de concert, Grégory a évoqué son parcours de musicien, a joué quelques morceaux, et Dorothée a retracé son chemin de musicienne, réalisatrice et auteure.

Cette première rencontre s’est ponctuée de plusieurs échanges autour de la musique, de l’écoute et des goûts de chacun. Les artistes ont présenté leurs ateliers chanson et clip. Certains étaient confiants et impatients, d’autres impressionnés ou réticents… une belle énergie et un bel enthousiasme sont nés de cette première matinée !

L’écriture de chanson

Ecriture de chanson

Grégory Desgranges est venu plusieurs fois à Peujard pour accompagner les élèves dans la création de leur chanson. Ensemble, ils ont choisi des mots, des bouts de phrases pour parler de la différence.

Par petits groupes, chacun a réfléchi aux sentiments, émotions, situations et anecdotes naissant de la différence. Certains avaient l’impression que la différence apparaissait à l’entrée au collège et qu’au moment de l’enfance elle n’existait pas: « on n’y fait pas attention », d’autres relataient les différences entres les filles et les garçons, entre les portugais et les italiens…«et si nous étions tous pareils, le monde serait triste et monotone ». 

Au fil des mots et des échanges, le fil de la chanson s’est dessiné : les clichés naissant de toutes ces différences. Chacun d’entre eux a cherché des idées reçus sur le genre, les métiers et les nationalités pour les mettre en mots, en notes et en « second degré » dans les couplets de la chanson.

Le refrain, plus « terre à terre », rappelle que toutes ces différences sont des richesses qui ne nous divisent pas.

La chanson “Soyons Sérieux” est née !

 

L’enregistrementEnregistrement

Après avoir choisi les sons et les sensations recherchés pour leur chanson : « des grosses basses » « des booms » « pas de violon » « quelque chose de plus doux », écrit les paroles et composé avec les rythmes et mélodies de leur chanson, les élèves se sont répartis les couplets et ont répété tous ensemble le refrain. Grégory les a guidés dans le rythme et le chant pour préparer l’enregistrement.
Dans une autre salle du collège, le studio mobile était installé : le micro, son pied et le filtre anti-pop, l’ordinateur, un piano pour trouver la justesse, le casque pour écouter la base instrumentale de la chanson et Greg à la fois ingénieur du son, coach vocal et musicien.

L’enregistrement est souvent une étape impressionnante dans le processus de création, être confronté à sa voix enregistrée n’est jamais facile. Seul ou en petit groupe, chacun est passé devant le micro pour enregistrer sa voix parlée, slamée, rappée ou chantée. Tout le monde a participé (y compris Amaia et Léa).

“Pour ma part, ce fût une belle expérience. On s’est rencontrés avec les mômes  et l’équipe,  on a réussi à mener notre barque jusqu’au bout,  et c’est toujours ça que je retiens dans ces cas là…on part de zéro  et on aboutit le projet, avec ce qu’ils ont, ce qu’ils sont… et que nous sommes.” (Greg)

 

Le clip : scénario et tournage

Tournage2Pendant que certains enregistraient avec Greg, d’autres commençaient à réfléchir au scénario du clip. Dorothée a d’abord exposé un bref historique du clip: le premier vidéoclip tourné, le plus coûteux, le dessin animé, le stop-motion, les clips à 360°, en 3D, les clips engagés etc. Après avoir visionné les différentes manières de faire des clips et en prenant en compte les contraintes de temps et de moyen, les élèves ont choisi d’illustrer les couplets de la chanson à travers plusieurs scénettes. Chacun mettrait en scène ses phrases, et le refrain serait écrit sur des pancartes portées par le groupe. Tout le monde a fait preuve d’imagination, d’humour et de jugeote !

« Moteur ! Ça tourne ! Action ! »

Le jour du tournage, personne n’avait oublié ses affaires ! Chacun a amené des accessoires et costumes: une rose, une feuille de chou, des barbies, des peluches, des sandales, des habits de maçon, des parapluies etc. Tous ont joué le jeu ! Certains ont révélé leur talent d’acteur, d’autres s’intéressaient aux réglages de la caméra ou choisissaient les décors des scènes, tandis que quelques uns étaient en charge du maquillage et des accessoires. La journée du tournage fut incroyable, riche, joyeuse et poétique !

Chacun avait son petit rôle : costumier, accessoiristes, maquilleuses, acteurs, assistants réalisateurs…

 Couv tournage

“Il y a toujours ce moment magique entre la première rencontre et le fameux déclic avec les élèves: celui que nous avons vécu avec les élèves de la classe Ulis de Peujard a été assez rapide et a transformé l’atelier en expérience extrêmement forte en émotions. (…) Toute la classe a été d’une générosité et d’un allant merveilleux. J’en suis ressortie grandie, transformée, la tête pleine de belles images et le cœur rempli de joie.”(Dot’)

Visionnage du clip, visite du K et rencontre avec les Datcha Mandala

concertComme un beau point final à ce projet, nous avons reçu les élèves, Amaia, Léa et Greg au Krakatoa autour d’un goûter pour découvrir ensemble le clip fini ! Certains d’entre eux étaient plus stressées de se voir à l’écran que pendant le tournage ou l’enregistrement… Le groupe semblait satisfait et heureux du résultat ! Amaia et Léa avaient également préparé un petit montage “making of” du clip, un beau souvenir pour toute la classe. Beaucoup riaient, certains ne se regardaient pas à l’écran, d’autres chantonnaient la chanson… nous avons vu beaucoup de regards tendres et bienveillants entre les élèves, Amaia, Léa et Greg.

Nous avons ensuite accompagné le groupe à travers la salle, ils ont visité les loges, le catering et rencontré quelques personnes de l’équipe. Sur scène, les Datchä Mandala répétaient leur set pour préparer leur tournée anglaise, ils ont joué trois morceaux pour la classe qui était enchantée ! Les musiciens ont ensuiéchangete pris le temps de discuter avec les élèves. Ils ont évoqué leurs parcours, l’origine de leur nom de groupe, comment et quand ils ont appris la musique, comment ils se sont rencontrés… ce fut un bel échange, riche et simple et chacun est reparti avec son petit autographe !

“C’est un projet qui a été riche sur de nombreux plans. Mon objectif premier était celui de permettre à mes élèves de s’exprimer, de travailler le langage par le biais de la musique et de leur faire découvrir quelques facettes des arts de la scène. Evidemment les résultats ont été bien au-delà de mes espérances. Les élèves ont fait preuve de courage, d’humour, de cohésion et surtout de bienveillance les uns envers les autres et je crois que c’est ce dont je suis le plus fière !! (…) On n’avait pas envie que cela s’arrête ! ” (Amaia)